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Il y a quelques semaines, Dominique Martin, bénévole de l’association française Energies sans Frontière a séjourné à l’Université des Montagnes (UdM) dans le cadre d’un projet de production d’énergies photovoltaïque. Pendant son séjour à l’UdM, ce missionnaire français a organisé des séances de formation à l’installation, à l’utilisation ainsi qu’à l’entretien de cette technologie. Au passage, il a répondu aux questions de la Cellule de communication et des relations publiques de l’UdM.

M. Dominique Martin, quelles sont les motivations de votre séjour à l’UdM ?

Je suis venu à l’UdM, à la demande de l’association, pour le projet de générateur photovoltaïque, que l’UdM voudrait mettre en place sur son nouveau site à Banekane. Ce qui effectivement est une vision pour l’avenir, qui privilégie les énergies renouvelables aux  fossiles, et pourrait pallier les problèmes d’énergie d’une Université qui va fonctionner pendant la journée et qui a besoin pour tous ses équipements électriques et électroniques, de l’énergie électrique.

Le photovoltaïque dans ce cas est très bien adapté car ici c’est le soleil qui fournit de l’énergie, et comme vous êtes dans un pays où il y a beaucoup de soleil, vous pouvez bénéficier de cette énergie renouvelable pour faire fonctionner l’Université. Mon rôle ici est d’apprendre au personnel qui sera chargé de l’installation de ce système, de bien maitriser les équipements, du capteur qui est le panneau photovoltaïque, jusqu’aux appareils électroniques qui permettent de stabiliser et de transformer l’énergie électrique fourni par les panneaux photovoltaïques, en courant utilisable, c’est-à-dire du courant alternatif 230V, le même que les autres vous livrent.

Il y a plusieurs équipements pour faire cela, et j’ai donc amené un certain nombre d’équipements et de maquettes pour que les gens se familiarisent avec ces équipements, sachent les mettre en service correctement, sachent en assurer la maintenance, car il s’agit quand même des équipements qui doivent fonctionner pendant 20 ans, voire plus d’années. Il faut donc un entretien approprié, qui est assez facile dans le photovoltaïque, mais encore faut-il ne pas faire d’erreurs, il faudrait savoir dépanner, remplacer, et évidemment faire les expansions.

L’Université va commencer par installer un site pilote à proximité des bâtiments, et va donc l’équiper totalement, le faire fonctionner, et ensuite les mois qui vont suivre l’utilisation de ce premier système pilote, détecter quelques améliorations, les corriger pour pouvoir faire une deuxième, une troisième, etc., l’idée étant de rendre tous les bâtiments autonomes en énergie. Ce sera sans doute une première au Cameroun, une Université qui sera à terme, autonome en énergie pour chacun de ses bâtiments. C’est un défit énorme, et nous, Energies sans frontière, nous sommes fiers d’y participer.Energie solaire UdM

Est-ce que la taille des équipements qui seront installés tient compte des besoins énormes en énergie pour le bon fonctionnement du nouveau campus ?

Si dans une Université on n’a pas une vision à moyen et à long terme, ce serait dommage. Nous avons discuté avec les responsables, et ils nous ont bien présentés le problème. Mais ce qu’il faut savoir c’est que l’électronique s’est beaucoup réduite, vous n’avez qu’à voir avec vos appareils à la maison. Les équipements des dentistes par exemple, pour la même fonction, le même service il y a 40 ans, demandaient 10 fois plus d’énergies que les équipements actuelles. Même avec l’extension, ce sera avec des équipements beaucoup moins gourmands en énergie.

On a discuté de la chose, il est sûr que certains immeubles seront consacrés à des machines extrêmement puissantes et qui demandent beaucoup d’énergies, ceux-là, il faudra leur trouver une autre source d’énergie ponctuelle, un groupe électrogène par exemple, qui pourra servir juste pour le démarrage des équipements, comme le scanner qui demande beaucoup d’énergie pendant un laps de temps, ou alors l’idéal serait pour ce type de bâtiment, de puiser l’énergie sur ceux qui en consomment moins. En ce qui concerne l’empreinte écologique de l’UdM sur la planète, elle devrait quand même être très très faible, car à part ces pointes qui vont demander un pic de puissance et donc d’énergie très forte, globalement on reste dans l’esprit d’une autonomie.

Quel sera l’apport sur le plan académique de ce projet ?

La réponse est multiple, l’UdM est surtout connue actuellement pour son niveau d’excellence dans les formations médicales, toutes ces disciplines demandant des équipements qui fonctionnent à l’électricité. Il y a une synergie, les ingénieurs vont ainsi améliorer les appareils médicaux. De plus, l’Université est quand même le lieu où se prépare l’avenir et ce projet permettra aux sciences de l’ingénieur de faire des tests, des mesures, de la recherche, des améliorations éventuellement.

A côté, il y a un site hydroélectrique qui devrait être exploité dans quelques temps. Ces étudiants auront donc à porter de mains avec leurs encadreurs, des sites qui soient photovoltaïque, éolienne, biomasse, ce qui leur permettra de faire la recherche là-dessus, car une Université c’est la recherche.

Avez-vous des appréhensions quant au suivi de ce projet.

Vous avez assisté aux séances de cours et travaux pratiques, vous avez vu l’enthousiasme des jeunes étudiants, ils sont très sérieux, ils discutent entre eux, je ne doute pas un seul instant que ce sont eux qui construiront le Cameroun de demain.

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